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Messages

J'ai envie d'écrire

Je prends ma plume sans savoir ce que je vais écrire. Si c'est un poème, une lettre ou une nouvelle. Ces derniers temps l'écriture ne suffit plus pour étancher ma soif. Ma soif d'être pleinement moi-même. Ma soif de dire mon mal. Il pleut dehors. J'ai froid. Je pense à ma relecture de ce chef d'œuvre de Jacques Stephen Alexis. Il y a ma guitare debout dans la pièce, droite comme un guerrier. Pas d'électricité. Putain de pays. J'ai du mal à dormir. Et par moment je pense à toutes les femmes que j'adore. J'ai envie d'écrire pour dire que je ne suis plus moi-même. Pour dire que je ne me possède plus. Mais c'est plus facile de procrastiner. Même l'heure nationale vient d'être modifiée. Chaque minute est à présent une éternité. 17h et demie et il fait déjà noir. J'ai envie d'écrire. Écrire pour apaiser ma douleur. Écrire pour tenter de faire pousser des fleurs dans les quatre murailles qui me retiennent prisonnier. J...

Ruminations autour du poème de Joubert Joseph : Léa ou La beauté en mille morceaux

La quête de l'amour semble faire l'unanimité dans toutes les destinées. Ce n'est apparemment pas une priorité dans les activités humaines, mais c'est une obsession qui trône dans l'aspiration au bonheur, qu'elle  s'exprime à travers le désir insatiable du libertin sans Dieu ni maître , ou dans la méditation du mystique pour qui l'Amour est la définition même du Divin. Plus communément, une multitude de couples se cherchent  et se trouvent , de façon durable ou passagère, et les ambitions sont le plus souvent au service de nos fantasmes. Cette hiérarchie parfois s'inverse lorsque le choc des égos tend à faire penser que l'amour animal est juste une illusion programmée par quelque nature bénéfique ou maléfique pour perpétuer l'espèce. Pour notre espèce humaine épouvantée par intermittence par sa cruelle sauvagerie , le poète apparaît q...

Léa ou la beauté en mille morceaux de Joubert Joseph : ce qu'il faut en retenir

Je réfléchissais sur la nécessité de redéfinir notre rapport à la poésie quand j’ai reçu la plaquette poétique de Joubert. Un moment où je pensais que je devrais dire quelque chose sur notre vision de la poésie. De dire qu’il faut modifier notre façon d’aborder la poésie. De changer notre itinéraire, car on se perd quand il faut parler au nom de cette chose qu’on croit trop bien comprendre jusqu’à ne plus savoir quoi dire et devenir ridicule. Que ce livre nous serve de guide, de prétexte peut-être, pour notre proposition de re-lecture. Une lecture entre les lignes de Léa où la beauté foisonne. Qu’on la recueille en mille morceaux. Le titre fait parfois problème chez certains auteurs. On dit qu’il faut d’abord trouver un bon titre. Dany Laferrière se tracassait souvent pour dénicher un titre qui serait « vendable »....

Lettre ouverte à Joseph Zenny, un artiste que j'adore

Monsieur Joseph Zenny, Vous avez fait une publication sur twitter en septembre 2017, je ne sais si c'était une blague, dont la teneur porte à croire que ce sont les «malere» qui ne cessent de «grennen» des «ti vòlè» qui sont les principaux responsables de la misère de ce pays dont 5% de gens possèdent presque toutes les richesses. «Matirite, se lè ou konnen ou se malere ou pa ka fè 5 pitit, ou pral lage 5 ti vòlè nan lari a apre pou w pale peyi a mal #MatiriteSeTepeKòkOu» telle a été votre publication sur twitter. Quelle mauvaise blague, hein ! Blague, si c'en était une. Monsieur Zenny, vous ne me connaissez pas, Joubert Joseph, ce nom ne doit rien vous dire. Mais, compte tenu de mon admiration pour vous, je trouve qu'il est nécessaire voire obligatoire de vous écrire. Je ne vais pas vous parler de certaines de vos chansons qui ont bercé mon enfance, non loin d...

Mourir est beau

Nous sommes un dimanche matin. Mon cousin et moi sommes à la maison. Nous ne fréquentons plus l'église depuis un certain temps. Ce que nos parents considèrent comme un grave péché, comme si fréquenter une quelconque église était la chose la plus importante dans la vie. Ils disent que nous sommes deux jeunes incrédules cherchant à attirer sur eux la malédiction du Bon Dieu. Il est 8h 30, je dois me rendre à Pétion-Ville pour voir ma petite amie. Avant de concocter un plat de spaghetti au hareng, mon cousin et moi montons au premier étage pour non seulement nous abreuver des premières lueurs du soleil, mais aussi contempler les donzelles. Passer un dimanche matin sans nous percher là-haut, c'est rater la balade des plus belles filles du quartier. Quand le manger est prêt, nous nous servons à la hâte. Mon repas terminé, je me baigne et m'habille rapidement. Tiré à quatre ...

Le coup raté d'un gentleman

Il est 16h 30. Mon cousin et moi, nous habitons un quartier grouillant de monde. Ça fait déjà un mois depuis que je me suis installé à Port-au-Prince, cette ville qui n'a jamais cessé de hanter mes rêves. Je suis venu pour les vacances. Obligé de laisser la campagne, malgré moi, de laisser cette donzelle avec laquelle j'ai à peine entamé une relation amoureuse. Je séjourne chez ma tante. Depuis mon arrivée mon cousin ne cesse de me parler d'un tas de filles du quartier, d'un bordel qui se situe à quelques mètres de la maison, de cette petite fille qui a une admiration particulière pour les hommes minces. Mille et une choses se bousculent dans ma tête. Il y a les femmes de Port-au-Prince auxquelles je veux goûter, par simple envie de les entendre crier mon nom à tout bout de champ tel un chien ayant mal aux dents. Parce que, venant de Cap-Haïtien je suis tombé amoureux de leur ‹‹Pale O o››. Il y a un tas d'activités auxquelles je veux prendre part et sans oublier l...

Il faut me sauver !

Il ne reste qu'une poussière de temps pour que la nuit étende sa robe sur la ville. Sortant de la maison à la Rue Magloire Ambroise, mon cousin me conseille d'aller faire un tour au boulevard Jean Jacques Dessalines, puisque j'ai un tas de choses à me procurer. Il me dit qu'un pauvre malheureux comme moi ne doit pas aller se faire vider les poches dans un foutu marché prestigieux, ce boulevard m'est le lieu idéal. Fraîchement arrivé à Port-au-Prince, je ne peux faire autre chose qu'écouter les conseils d'un habitué. Arrivé au boulevard, voyant des femmes en train de se peigner l'une l'autre, à quelques mètres de la porte d'entrée du marché Hyppolite, j'ai comme l'impression que je suis dans un bordel à ciel ouvert. Je dis: -Bon sang ! Me voilà au cœur du bonheur ! Parce que j'adore être entouré de femmes, même si elles m'ignorent, l'important c'est d'être entouré pa...