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Messages

Mourir est beau

Nous sommes un dimanche matin. Mon cousin et moi sommes à la maison. Nous ne fréquentons plus l'église depuis un certain temps. Ce que nos parents considèrent comme un grave péché, comme si fréquenter une quelconque église était la chose la plus importante dans la vie. Ils disent que nous sommes deux jeunes incrédules cherchant à attirer sur eux la malédiction du Bon Dieu. Il est 8h 30, je dois me rendre à Pétion-Ville pour voir ma petite amie. Avant de concocter un plat de spaghetti au hareng, mon cousin et moi montons au premier étage pour non seulement nous abreuver des premières lueurs du soleil, mais aussi contempler les donzelles. Passer un dimanche matin sans nous percher là-haut, c'est rater la balade des plus belles filles du quartier. Quand le manger est prêt, nous nous servons à la hâte. Mon repas terminé, je me baigne et m'habille rapidement. Tiré à quatre ...

Le coup raté d'un gentleman

Il est 16h 30. Mon cousin et moi, nous habitons un quartier grouillant de monde. Ça fait déjà un mois depuis que je me suis installé à Port-au-Prince, cette ville qui n'a jamais cessé de hanter mes rêves. Je suis venu pour les vacances. Obligé de laisser la campagne, malgré moi, de laisser cette donzelle avec laquelle j'ai à peine entamé une relation amoureuse. Je séjourne chez ma tante. Depuis mon arrivée mon cousin ne cesse de me parler d'un tas de filles du quartier, d'un bordel qui se situe à quelques mètres de la maison, de cette petite fille qui a une admiration particulière pour les hommes minces. Mille et une choses se bousculent dans ma tête. Il y a les femmes de Port-au-Prince auxquelles je veux goûter, par simple envie de les entendre crier mon nom à tout bout de champ tel un chien ayant mal aux dents. Parce que, venant de Cap-Haïtien je suis tombé amoureux de leur ‹‹Pale O o››. Il y a un tas d'activités auxquelles je veux prendre part et sans oublier l...

Il faut me sauver !

Il ne reste qu'une poussière de temps pour que la nuit étende sa robe sur la ville. Sortant de la maison à la Rue Magloire Ambroise, mon cousin me conseille d'aller faire un tour au boulevard Jean Jacques Dessalines, puisque j'ai un tas de choses à me procurer. Il me dit qu'un pauvre malheureux comme moi ne doit pas aller se faire vider les poches dans un foutu marché prestigieux, ce boulevard m'est le lieu idéal. Fraîchement arrivé à Port-au-Prince, je ne peux faire autre chose qu'écouter les conseils d'un habitué. Arrivé au boulevard, voyant des femmes en train de se peigner l'une l'autre, à quelques mètres de la porte d'entrée du marché Hyppolite, j'ai comme l'impression que je suis dans un bordel à ciel ouvert. Je dis: -Bon sang ! Me voilà au cœur du bonheur ! Parce que j'adore être entouré de femmes, même si elles m'ignorent, l'important c'est d'être entouré pa...

Dans quelle Haïti Charles Aznavour était-il en concert ?

Charles Aznavour, l'un des chanteurs français les plus populaires et le plus internationalement connu, de son vrai nom Shahnourh Varinag Aznavourian était en concert en Haïti. Les billets se vendaient entre 100 et $ 250 US dans l'un des pays les plus pauvres de la planète et le pays le plus pauvre de l'Amérique. Depuis un bon bout de temps on assiste à une montée incessante de quelques slogans discriminatoires et exclusionistes en Haïti genre «Ayiti pa m nan diferan» laissant croire qu'il existe plusieurs «Haïti» En Haïti. Ou une Haïti différente de celle des gens de Cité Soleil, de Grand-Ravine, de la Croix-des-Bossales etc... C'est un slogan dangereux dont beaucoup d'entre nous ignorent la teneur. Oui Charles Aznavour a joué dans l'autre Haïti, celle qui ne souffre pas d'un grand besoin de changement ou celle qui ne souffre pas de besoin de changement tout court. Ce concert organisé p...

Courir pour sauver sa vie

( En hommage aux personnes tombées sous les balles des bandits en Haïti ) Ici, à Port-au-Prince, courir est un reflexe. C’est comme faire fuir une mouche d’un geste de la main. On n’apprend à personne comment se débarrasser d’un insecte nuisible. On sent sa piqure, on réagit. C’est comme ça depuis un certain temps. Quand on est dans la rue, rentrer chez soi est une obsession ; on marche très vite, on veut retrouver sa famille. On ne fait pas exprès quand on évite de parler aux gens, surtout aux inconnus. Ici, parler de monsieur untel, surtout si c’est un bandit, c’est signer son arrêt de mort. Et personne ne veut mourir. Mourir au milieu de la rue, sur le trottoir. C’est effrayant. On ne sait rien sur toi, et rien de ce que tu as accompli n’a de sens. L’ambulance arrive, et puis toi et tes diplômes, tes années de travail, tout ça va à la morgue. Plus t...

Billet à ma mère

Maman C'est pour la première fois que je prends ma plume pour t'écrire. Cette plume qui grandit et qui ne cesse d'écrire des poèmes et des articles à longueur de journée. Pas besoin de t'inquiéter comme tu es toujours impatiente quand je t'annonce que je vais te dire quelque chose. Bref, c'est comme ça quand une mère est soucieuse de ses enfants. Je dois te dire que je suis toujours celui que j'ai été,  je suis tout simplement devenu plus mature même quand tu me prends toujours pour un bébé. La vie m'a beaucoup appris. Je suis toujours resté fidèle à mes rêves dont je ne cesse de courir après. Parce que je crois que toute personne doit assumer pleinement ses actes, ses choix. En un battement d'yeux tout a failli basculer. J'ai connu les pires déceptions de la vie. Mais depuis que je ne suis plus un enfant je ne me souviens depuis quand des larmes ont caressé mes joues. Je n'ai...

AFACHAP, veut-elle contribuer à aider Wilson Laleau à redorer son blason ?

Le 22 avril prochain, AFACHAP, (Asosiyasyon Fanm Pou Chanje Pòmago) recevra le professeur Wilson Laleau à l’auditorium de l’école St-Joseph de Port-Margot dans une conférence axée sur le thème «Problématique du développement de l’économie rurale». Indexé dans la dilapidation des fonds alloués au programme PetroCaribe, Wilson Laleau qui est, jusqu’à présent, employé au Palais National n’a été ni mis en disponibilité ni congédié par le gouvernement pour se mettre à la disposition de la justice. L’ex-ministre de l’économie et des finances nie toute accusation faisant croire qu’il serait impliqué dans la dilapidation de ces fonds évalués à plus de 3 milliards de dollars américains. Lesquels fonds destinés à la construction d’hôpitaux publics, de systèmes d’eaux potables, de routes et tant d’autres choses encore qui manquent au pays jusqu'à présent. On se souvient du professeur Tariq Ramadan qui a été congédié de l’Université britannique d’Oxford, quelques jours après qu’on l’ait eu...