Après avoir publié avec succès, son premier recueil «15 poèmes pour un million d’étreintes », - qui a été d’ailleurs salué par la critique - Joubert Joseph, jeune poète pétri de talent et originaire de Port-Margot, nous livre ici un autre recueil de poèmes, où il poursuit, dans la même veine, son aventure érotique. En effet, la femme occupe toujours une place capitale et fondamentale dans sa poésie, tel un thème récurrent, omniprésent - pour ne pas dire son leitmotiv - traversant de part et d’autre la quasi-intégralité de son œuvre.
Le présent recueil, « Léa ou la beauté en mille morceaux », que l’auteur nous confie aujourd’hui, est une voluptueuse célébration de l’Éros, exprimée à travers le prisme d’un lyrisme accompli, dans un élan jubilatoire, incantatoire, artistique muni d’une ferveur magnétique. C’est effectivement un vibrant éloge, un hommage saisissant, autant dire un panégyrique de toute la géographie du corps féminin.
Par conséquent, Joubert serait ce chantre acharné de l’érotisme, un éventuel fils-héritier du patrimoine érotique de René Depestre ou de Georges Castera. Le corps de la femme qu’il peint avec les charmes de sa plume fantastique, y est vénéré comme première et ultime planche de salut du poète, un rêve d’amour qu’il caresse tendrement : « Je suis tombé amoureux/De la route/Qui mène à tes seins/Ô tes seins/Des astres troublant/L'âme de la planète ».Si, dans la toile de sa poésie, la femme est perçue métaphoriquement comme une « fine fleur », elle se veut aussi un phare, un astre, un soleil flamboyant irradiant l’univers : « Tu es fleur/Tu es poème/Tu es la fleur du poème/Et le poème dédié/À la fleur/Tes cheveux flamboient l'horizon/Telle une lueur d'espoir/Dans la maladresse des giboulées ».
Ce recueil est doté d’un sublime jeu de mots qui démontre l’habileté de l’auteur jonglant avec eux. «Léa ou la beauté en mille morceaux » est d’une sensibilité à fleur de peau qui éveille et réveille le lecteur en le tenant hors d’haleine, avec toute la puissance verbale que suppose l’exigeant travail poétique, - car le poète a pris le soin d’enlever les vétilles, de bien émonder - mais le livre porte aussi en son sein le sens de la fragilité, du doute, le poids du silence et de la distance. Contrairement à d’autres poètes, aveuglés par la pathologie de la passion amoureuse, Joubert se montre plus ou moins conscient et lucide dans sa quête, il sait, qu’aimer, c’est accepter de risquer une bonne part de soi dans une périlleuse aventure : « La distance/Entre toi et moi/Est un océan/De passions mutilées/Je porte en moi/Un collier de doutes/Je doute de/Tout ce qu’on ne s’est pas dit/Je doute de moi/Je doute de toi/Je doute de nos souvenirs/Accrochés/En forme de pyramide », « Je t'aime/Dans la pierre/Avec tout le risque/De la chute ».
Cependant l’érotisme , qui accompagne les artistes dans leurs créations lumineuses , constitue une force sensuelle et spirituelle indispensable à la progression d’un peintre ou d’un poète vers son accomplissement . C’est ainsi que Joubert continue son chemin privilégié , suivant le Fil d’Ariane de la beauté et de l’amour .
Raynaldo Pierre Louis,
Poète et écrivain,
Jacmel, samedi 22 juillet 2017.
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